Monthly Archives: March 2012

Shirin Neshat

Shirin Neshat

Shirin Neshat

Née en 1957 à Qazvin en Iran, Shirin Neshat s’impose comme une artiste multimédia, dont l’oeuvre s’élabore  au moyen de la photographie et de la vidéo. Dès 1974, elle part aux Etats-Unis faire des études d’art , puis s’y établit lors de la révolution islamiste. Ce n’est qu’à partir de 1989, après la mort de Khomeiny, qu’elle retourne régulièrement en Iran. Désormais, elle vit et travaille à New York et remporta en 1999 le Lion d’Or à la Biennale de Venise.

De 1993 à 1997, Shirin Neshat réalise deux séries de photographies: Unveling Women of Allah (Femmes d’Allah). Elle se met en scène, le visage, les mains ou les pieds parfois tatoués de versets de poèmes persans, ou brandissant une arme, s’habille comme les femmes de son pays et se couvre la tête d’un tchador, comme dans Silence Rebelle en 1994 (voir l’image ci-dessous) ou dans Anchorage en 1996. etc.

Elle montre ainsi la politique, la tradition et la religion des islamistes dans leur réalité, leur rapport à la femme, au corps, au désir, à la sexualité. Elle explore idéologie, différence entre pensée occidentale et orientale.

Shirin Neshat, Silence Rebel, 1994, photographie

Shirin Neshat, Silence Rebelle, 1994, photographie

C’est à partir de 1996 qu’elle va réaliser des films et des vidéos, pour lesquels elle utilisera des acteurs et des modèles. Ses récits sont d’autres illustrations de son propos, qu’elle renforce véritablement en projetant de manière simultanée des images différentes sur plusieurs écrans. Ainsi, Shirin Neshat pousse la force, le pouvoir de son propos artistique jusque dans la projection, la mise en exposition de ses vidéos. (Shadow Under the Web, 1997).

Shirin Neshat, Shadow Under the Web, 1997

Shirin Neshat, Shadow Under the Web, 1997

A partir de 1998, la chanteuse et compositrice iranienne Sussan Deyhim crée des musiques et des chants qui accompagnent ses projections, comme dans les oeuvres Turbulent en 1998 ou Possessed en 2001.

De 2003 à 2008, Shirin Neshat réalise cinq vidéos d’après le roman de Sharnush Parsipur, Women without men (Femmes sans hommes). Les cinq nouvelles explorent les tabous de la sexualité féminine. En 2008, elle les synthétise en film pour le cinéma.

L’artiste iranienne révèle et explore à travers l’art de la vidéo la puissance de ce monde étouffant, misogyne, et pourtant artistique: ” Je pense que chacun d’entre nous a une relation particulière aux formes d’art narratif. Nous aimons tous que l’on nous raconte des histoires quand on cherche l’inspiration. Ecouter des histoires, c’est un moyen d’échapper à la réalité de sa personnalité propre et d’entrer dans celle de quelqu’un d’autre. C’est pour cela que le public est beaucoup plus absorbé par les films que par toute autre forme d’art”.

Written by M.S.

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