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Marina Abramovic, la vidéo art du corps à corps

Marina Abramovic, Portrait with Flowers, 2009, Black-and-white gelatin silver print; photographie de Marco Anelli.

Marina Abramovic, Portrait with Flowers, 2009, Black-and-white gelatin silver print; photographie de Marco Anelli.

Née à Belgrade en Yougoslavie en 1946, Marina Abramovic fit ses études à l‘Ecole des beaux-arts de Belgrade (1965-1970), puis de Zagreb (1970-1972). Sa première exposition personnelle a lieu en 1965 à Belgrade. A partir de 1976, elle fait oeuvre commune avec son compagnon, Uwe Laysiepen, dit Ulay (né en 1943). Ils s’inscrivent alors parmi les principaux artistes de la performance. Elle poursuit seule son oeuvre, depuis leur séparation en 1988.

Dès le début des années soixante-dix, alors qu’elle sort à peine de ses études, Marina Abramovic présente des peintures, des dessins, des photographies et des installations sonores. Elle réalise sa première vidéo “La télévision est une machine et ses premières performances série Rythme en 1973. Déjà l’artiste voit en la vidéo un véritable outil, matériau artistique. Elle va alors en découvrir les possibilités à travers ses créations artistiques. Elle explore, par la vidéo, toutes les relations que le corps peut entretenir tant avec l’espace qu’avec le corps des autres, les corps objets, humains... Pour Marina Abramovic le corps est à la fois sujet et médium. Elle explore les limites physiques et mentales de son être, résistant à la douleur, à l’épuisement et au danger dans la quête de la transformation émotionnelle et spirituelle.

A partir de 1976, avec Ulay, elle traite des rapports, séparation et lien, qu’entretiennent les hommes et les femmes, prenant leurs corps comme point de départ de leur oeuvre. En 1977, pour Light/Dark, ils se giflent à tour de rôle jusqu’à épuisement ou, pour Inspirer/Expirer, s’embrassent sur la bouche jusqu’à suffocation.

Leurs performances, toujours filmées, sont ensuite présentées sous formes de photographies, de vidéo ou de films.

Après leur séparation, Marina conçoit des pièces, des objets, qu’elle définit comme des “objets transitionnels“, réalise des installations, suggère des rituels qui requièrent la participation du spectateur. Pour Salles d’opérations de l’âme (1999-2000), le visiteur est ainsi amené à se dénuder dans le musée pour suivre le voyage initiatique des sens. En 2002, avec Magnetic Dance, elle l’invite à enfiler des chaussures aux semelles aimantées et à tenter de suivre, sur une piste magnétisée, les mouvements de mambo qu’elle suggère en projection sur un écran géant. L’artiste utilise la vidéo comme un moyen de communiquer avec le spectateur, avec d’autres corps, plongés dans un autre temps et un autre espace que ceux de la vidéo. Des corps appartenant à différentes dimensions peuvent ainsi se répondre.

La performance et la vidéo sont, pour Marina Abramovic le moyen d’explorer la question du Moi à travers celle de l’image, de la créativité: ” Lorsque je réalise une performance, c’est comme une construction esthétique, physique et mentale, que je fabrique à partir de moi. Lorsque vous entrez dans cette construction, vous laissez derrière vous votre personnalité – votre Moi ordinaire – et le transformez en un Moi inusuel (extraordinaire)”.

 

Written by M.S

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